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![]() Été 2010Deux expositions et un livre de Maxence RiffletLe centre d’art Le point du jour (Cherbourg) et le Pôle image Haute-Normandie présentent deux expositions issues de deux commandes photographiques en Normandie menées par Maxence Rifflet depuis 2007. Le livre Une route, un chemin. Sur la côte ouest de la Manche, suivi de Boucles de la Seine est publié aux éditions Le point du jour à cette occasion.
Une route, un chemin est la description libre et documentée de deux territoires normands. Le littoral et le fleuve en sont les structures géographiques et imaginaires. Maxence Rifflet associe des séquences de photographies entrecoupées de courts récits à la première personne. Ces textes sont les fragments heurtés, sérieux et délirants, d’un journal de travail. Le photographe brosse le portrait de personnages, s’interroge sur ses images, et met en scène son écriture. La première partie rassemble trois années de travaux sur la route « touristique » qui relie Cherbourg et Coutances par la côte. Depuis sa voiture, le voyageur contemple des sites naturels et découvre les activités qui façonnent le paysage : légumes de sable, élevages de pré salé, ostréiculture. Mais cette route est une rupture dans le territoire : elle traverse des sites protégés et institue une séparation entre le bocage et le littoral. La route figure les tensions entre le spectacle de la nature et une inquiétude écologique. Pour le photographe, l’attitude contemplative ne s’oppose pas à son propos documentaire, elle le renforce. Cette vue de dune est un jeu de vibration de la lumière mais l’image renseigne sur l’actualité de l’érosion des côtes. Quant au portrait de cet ostréiculteur au travail, il associe la description d’un geste à la puissance suggestive d’un flux s’échappant d’un mystérieux contenant. En empruntant la route, Maxence Rifflet a trouvé un chemin. Son parcours sur la côte ouest de la Manche fait appel à des qualités de funambule. Nous avançons avec lui en équilibre sur un fil, entre une mer et un département, par les champs et par les grèves. D’images en récits, nous assistons à la construction d’un espace mental, imaginaire. Les Boucles de la Seine – deuxième partie du livre – désignent les terres nichées dans les méandres du fleuve. Elles ont donné son nom à un parc régional qui maintient une parenthèse verte entre Rouen et le Havre. Les photographies, ici plus lumineuses que descriptives, se passent de récit. Un texte de Jean-François Chevrier relie ces deux parties et pose un regard sur cette carte figurée, précise, expérimentale et ouverte. Pour l’historien d’art, la route, le chemin, la boucle évoquent le tracer et dessinent une métaphore psychique. Cette publication qui rassemble deux commandes passées par Le Point du jour et le Pôle image Haute-normandie, s’accompagne de deux expositions, présentées à Cherbourg et à Rouen à l’été 2010. Format : 23 x 28 cm - 168 pages - 84 photographies (couleur et noir et blanc ) - bilingue français/anglais - ISBN : 978-2-912132-64-2 - 29 € - Parution : juin 2010 Maxence Rifflet (1978) vit à Aubervilliers. Entre 2002 et 2006, il avait réalisé un ensemble d’images dans la vallée du Yangtsé en Chine, puis dans la ville de Chengdu. Ce travail, exposé aux Rencontres d’Arles en 2006, documente les mutations de ces territoires et les nouveaux modes d’appropriation de l’espace public qui s’y inventent. Il s’est aussi impliqué dans plusieurs projets du groupe de travail réuni autour du séminaire Des territoires : exposition « Des territoires, 2001 » ; cycle d’expositions sur la ville de Montreuil à la Maison populaire, Montreuil, 2002-2004 ; exposition « Champs d’abondance », Galerie Dix9, 2009. Parallèlement à ces travaux, il provoque des situations d’expérimentation artistique au sein de structures pédagogiques. Le livre Fais un fils et jette-le à la mer, publié en 2004 avec Yto Barrada et Anaïs Masson, retrace une expérience menée à Marseille et à Tanger avec des adolescents marocains dont la pratique photographique devient l’enjeu d’une interrogation sur l’immigration clandestine. Il a récemment publié Correspondances à la suite d’une résidence au collège de Nonancourt. |